Au seuil, vibrer est né au cœur des nuits irlandaises, entre 2019 et 2020, au contact des clubs, de la musique, des corps, des ombres et des lumières.
Ces images cherchent moins à documenter la fête qu’à approcher ce qui s’y joue de trouble : la manière dont les corps se déplacent, s’abandonnent, résistent, se cherchent, se perdent parfois pour mieux éprouver leur présence.
Dans la nuit, la danse devient un seuil. Un lieu de passage entre soi et les autres, entre solitude et collectif, entre tension intérieure et libération. Entre soi et soi-même. Les paupières se ferment, les bras se lèvent, les mains se délient, les gestes se suspendent ou s’accélèrent, les corps vibrent dans une proximité provisoire. Quelque chose circule, en deçà du verbe, plus ancien que les mots : le besoin d’échapper à soi pour y revenir plus singulièrement, librement.
On y danse avec nos ombres, jusqu’à n’en ressentir plus le poids dans la présence. Dans la transe, chacun semble devenir plus pleinement lui-même au moment même où il se laisse traverser par ce qui le dépasse : le son, la foule, le mouvement, la fatigue, le désir, la lumière.
Ce travail parle de la nuit comme d’un espace de transformation. Non pas une fuite hors du réel, mais une manière de l’habiter autrement, par le corps, le rythme, l’abandon. Une tentative de se tenir au plus proche de soi, jusqu’à l’effacement dans l’altérité.
Au seuil de soi, des autres, tiraillés, vibrer, encore.






























