Réalisé sur trois mois en Ukraine et dans les pays limitrophes, en 2022, ce travail s’intéresse à la manière dont la guerre fait irruption dans notre monde et en modifie l’espace perceptif.

Il s’attarde à la marge de l’événement, dans les traces, les ombres, les silences, les regards. Les déplacements, le recueillement, les espaces dépeuplés deviennent les lieux où le monde se fragmente, tantôt embarqué dans une temporalité qui le dépasse et qu’il subit, tantôt rejeté dans le temps suspendu de l’attente, tantôt encore projeté dans une atemporalité où règne le retour du même, où l’Histoire semble se répéter inlassablement.

Cherchant moins à dire ce qui s’y passe que ce qui s’y joue, ces images explorent les formes de fragilité, de solitude et d’errance qui émergent du conflit. Au cœur du délitement, où les ombres se mêlent à l’absurde, quelque chose de l’enfance semble réapparaître, d’abord fuyant, hagard et incrédule, toujours porteur d’une attention au monde que rien ne parvient tout à fait à éteindre. Entre persévérance et dévastation, la lumière se déchire en violence et douceur, marquée du sceau de la blessure et de la perte.

A travers ce cheminement, se dessine une réflexion sur l’empreinte que laisse la guerre dans le regard de ceux qui la subissent, et sur cette part d’errance qu’elle met brutalement à nu.


1. L’enfance inachevée

2. Solitudes

3. La béance de l’être

4. La mécanique du vide

5. L’Absurde